Lectio À la rencontre du Christ

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Évangile selon saint Matthieu 21, 1-11

Le temps de la préparation

« L’Agneau sera leur pasteur
pour les conduire aux sources
des eaux de la vie. »
(Ap 7, 17)

Le temps de l’observation

« À partir de ce moment-là, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup, […] être tué, et le troisième jour ressusciter » (Mt 16, 21). Non que la souffrance ait une valeur salvatrice en elle-même, mais elle s’avère ici être la conséquence de l’amour de Jésus pour l’humanité poussé à l’extrême. Autant dire qu’il sait ce qui l’attend dans la Ville sainte. Son entrée montre la cohérence du dessein de Dieu, puisque la parole dite par le prophète Zacharie s’accomplit.
Il ne s’agit pas d’un hasard, comme en témoigne aussi le « il fallait » employé par les évangiles dans ce type de contexte. Enfin, cette entrée met en évidence la parfaite liberté du Christ. Certes, il aura un moment de recul à Gethsémani, qu’il surmontera non sans lutte, mais dans un abandon total : « S’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux » (Mt 26, 39).

Le temps de la méditation

C’est à la rencontre de ce Christ qui vient à nous « sans ostentation et sans faste » que nous pouvons nous avancer. Car, dit le prophète, « il ne protestera pas, il ne criera pas, on n’entendra pas sa voix » (Is 42, 2). « Il sera doux et humble, il fera son entrée modestement » (saint André de Crète). S’il avait voulu en imposer, n’aurait-il pas agi autrement ? Cette façon de faire en dit long sur le respect que Dieu a de nous, de notre altérité, sur sa soif d’un accueil libre qui ne cède pas au merveilleux, au factice. « Imitons donc ceux qui allèrent au-devant de lui. Non pas pour étendre sur son chemin, comme eux l’ont fait, des rameaux d’olivier, des vêtements ou des palmes. C’est nous-mêmes qu’il faut abaisser devant lui, autant que nous le pouvons, par l’humilité du cœur et la droiture de l’esprit, afin d’accueillir le Verbe qui vient (Jn 1, 9), pour que Dieu trouve place en nous, lui que rien ne peut contenir » (saint André de Crète).

Le temps de la prière

« Béni soit celui qui vient ! »
(Mt 21, 9) 

Emmanuelle Billoteau, ermite

Éditorial mars 2026

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