Lectio Promis à une transfiguration

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Évangile selon saint Matthieu 17, 1-9

Le temps de la préparation

« Que ton amour, Seigneur,
soit sur nous » (Ps 32, 22).

Le temps de l’observation

Les disciples font ici une expérience qui leur découvre Jésus dans son identité spécifique de Fils bien-aimé du Père et source de sa joie. La lumière qui émane de lui ne vient pas de l’extérieur. N’est-il pas la vraie lumière comme l’est le Père, manifesté par une nuée lumineuse ? Et cette lumière, qui est le propre de la divinité, ne détruit en rien l’humanité de Jésus puisque c’est au cœur même de cette humanité qu’elle resplendit. Voilà qui fait écho aux premiers conciles œcuméniques qui affirmeront la divinité et l’humanité du Christ sans confusion ni division en sa seule personne (cf. Nicée, Chalcédoine). S’exprime ici l’intimité du Père et du Fils dans l’Esprit, même si ce dernier n’est pas explicitement nommé. Sa présence ne se révèle-t-elle pas dans la joie du Père, dans la prosternation des disciples témoignant de son œuvre en leur cœur ? Anticipation de la Résurrection et du retour en gloire du Christ, la Transfiguration nous dit également ce à quoi nous sommes promis. Elle nourrit notre espérance.

Le temps de la méditation

Jésus avait déjà promis à ses disciples que les justes (les justifiés que nous sommes en sa Pâque) resplendiraient « comme le soleil dans le royaume de leur Père » (Mt 13, 43). L’auteur de la deuxième lettre de Pierre, qui se présente comme l’un des témoins oculaires de la grandeur du Christ (cf. 2 P 1, 16-18), qui « nous a appelés par la gloire et la force qui lui appartiennent », préfère parler de déification. Par ses dons, nous dit-il, le Christ a fait en sorte que nous devenions « participants de la nature divine » (2 P 1, 4). Cet épisode de la Transfiguration souligne l’action de Dieu. Ce qui pourrait nous faire oublier que si nous sommes appelés à nous laisser conduire et configurer au Christ, nous sommes aussi conviés à lui répondre activement : par l’écoute et la mise en œuvre de la Parole – maîtrise de soi, persévérance, fraternité, amour – ; par le consentement à ne pas le réduire à notre mesure, tel Pierre qui a tenté de le détourner de sa mission et de la folie de la Croix (Mt 16, 22).

Le temps de la prière

Gloire à toi, ô Christ,
« parole du Dieu vivant ». 

Emmanuelle Billoteau, ermite

Éditorial mars 2026

À la table du Seigneur J’étais reçu à souper chez mon cousin, que je n’avais pas revu depuis quelques années. J’avais apporté une bonne bouteille de vin rouge pour cette…