Commentaire Au risque de croire

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Aux portes de Jérusalem, la foule est là, qui se bouscule et qui acclame. Au cœur de cette agitation, il y a Jésus. L’Écriture s’accomplit. Jésus entre dans Jérusalem, assis sur un âne. Il est reconnu, acclamé comme le Messie. « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » La foule n’a pas d’autres mots pour l’accueillir. Aujourd’hui, comme chaque année, nos églises accueillent la foule des Rameaux. Hommes et femmes qui passent chercher quelques brins d’olivier ou de buis. La foule est là, comme d’habitude et par habitude, mais sans trop mesurer ce qui se passe dans cette belle liturgie des Rameaux. Certains repartent parfois avec la question de Dieu dans leur tête, d’autres avec le désir de recevoir le baptême, d’autres encore avec un simple rameau qu’ils sont venus attraper à la ­sauvette sans trop savoir pourquoi. Si la foule pouvait dérouter aux portes de Jérusalem, la foule des Rameaux nous déroute aussi un peu, aujourd’hui dans nos assemblées.
L’Écriture s’accomplit : Jésus entre dans Jérusalem, ultime étape qui nous révèle la profonde humanité et le dépouillement du triomphe de ce Roi assis sur un ânon, loin des fastes et des grandeurs du monde. La lecture de la Passion nous donne de comprendre et d’accueillir le don total que Jésus fait de sa vie. Il marche vers la Croix, vers la mort et vers la grande victoire de la Résurrection ! Le cri du centurion au pied de la Croix ouvre grand l’avenir : « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! »

J’essaie de relire la Passion de Jésus en contemplant chaque instant de cette étape de sa vie.

Je me laisse toucher par le cri du centurion. M’est-il arrivé, comme lui, de risquer un cri de foi et de reconnaître que Dieu est là, bien présent dans tel ou tel moment de ma vie ? 

Benoît Gschwind, évêque de Pamiers

Éditorial mars 2026

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