Lectio La durée du jour

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Évangile selon saint Jean 11, 1-45

Le temps de la préparation

« Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel ! Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière ! » (Ps 129, 1-2)

Le temps de l’observation

Entre l’annonce de la mort de Lazare et la venue de Jésus pour le tirer de la mort, quelques lignes étranges font part d’une discussion entre Jésus et ses disciples au sujet du danger qu’il y aurait pour lui à revenir dans un territoire où des personnes peuvent lui être hostiles. Au cœur de drames personnels se mêlent aussi parfois des drames politiques. Quand les deux sont réunis, la réalité devient pesante et peut arrêter toute envie d’espérer ou de se battre. C’est l’occasion pour Jésus de préciser qu’il marche pendant le jour. Le propos est étrange, presque poétique. Jésus explique qu’il ne craindra rien car le temps de la lumière n’est pas fini. Et, de fait, Jésus prend son temps. Il part tard voir Lazare et les indications de temps ne cessent d’être présentes dans tout le texte. Jésus, lumière du monde, ne craint pas de manquer de lumière pour faire face aux enjeux de l’existence.

Le temps de la méditation

Il y a douze heures dans une journée, dit Jésus. C’est à partir de cette affirmation contestable que Jésus prend son temps pour traverser les enjeux de ce monde et pour y répondre. Les disciples, eux, craignent les obstacles car ils croient au pire. Les douze heures dans lesquelles Jésus évolue semblent ne pas correspondre à la réalité de la journée telle qu’on la connaît. C’est ce qui lui permet de faire ce qu’il a à faire sans se préoccuper des urgences du temps, de l’animosité de ses détracteurs et de l’impatience des disciples. Jésus, lumière du monde, sait bien comment avancer et continuer sa marche. En prenant son temps, il montre à ses disciples que la durée pendant laquelle il fait jour peut s’allonger à qui sait voir la lumière là où elle est. En ramenant Lazare à la vie, il montre qu’il n’y a aucune limite à ce constat, même pas la mort. Marcher à la lumière permet d’ouvrir les tombeaux et de traverser des territoires ennemis.

Le temps de la prière

« Mon âme attend le Seigneur plus qu’un veilleur ne guette l’aurore. Plus qu’un veilleur
ne guette l’aurore, attends
le Seigneur, Israël. » (Ps 129, 6-7) 

Marie-Laure Durand, bibliste

Éditorial mars 2026

À la table du Seigneur J’étais reçu à souper chez mon cousin, que je n’avais pas revu depuis quelques années. J’avais apporté une bonne bouteille de vin rouge pour cette…