Saint-Sacrement - Couleur liturgique: blanc
Livre du Deutéronome 8, 2-3.14b-16a
Le temps de la préparation
« Il révèle sa parole à Jacob, ses volontés et ses lois à Israël. » (Ps 147, 19)
Le temps de l’observation
Ce chapitre du Deutéronome invite les exilés à faire mémoire du passé. L’analogie est forte entre leur situation et celle de leurs ancêtres au désert, même si ce dernier a changé de visage. Il s’agit en effet de vivre un manque et de faire face à une « nouveauté ». Une nouveauté éminemment positive au chapitre 8 du Deutéronome, plus inquiétante au chapitre 28, où il est question d’une nation et d’idoles inconnues (versets 36 et 64). Toute situation de crise – que ce soit la traversée du désert ou l’exil – ne conduit-elle pas à affronter une perte des repères éprouvés et une nouveauté dans laquelle il s’agit d’opérer un tri : « Choisis donc la vie » (Dt 30, 19) ? Au désert, cette vie a pris corps dans la manne – inconnue des pères – et la parole de Dieu – toujours inédite : nourritures d’un peuple en marche, en voie de libération et en attente de cette terre promise, qui n’est pas d’abord un lieu géographique, mais ce lieu du cœur dans lequel Dieu fait sa demeure.
Le temps de la méditation
En optant pour cette première lecture, la liturgie reconnaît dans la manne une préfiguration du don que Dieu nous octroie dans le pain et le vin de la célébration eucharistique. Elle nous invite ainsi à méditer sur la fidélité de Dieu à son alliance, sur son amour, sur son dessein de salut à l’égard de l’humanité. Certes les « nourritures » peuvent différer mais elles sont toutes orientées vers la même finalité, qui est de soutenir la marche du peuple de Dieu vers le Royaume à travers les épreuves, que celles-ci relèvent des serpents brûlants et des scorpions (symbole des morsures de la tentation ?), ou de la soif de sens et de repères. Si nous recevons le « pain » de Dieu, ce ne peut être simplement pour nous conformer à un impératif religieux, mais bien plutôt pour nous laisser investir de la « force d’en haut » et de la brûlure de l’amour qui change notre regard sur la vie.
Le temps de la prière
« Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? » (Ps 115, 12)
Emmanuelle Billoteau, ermite
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