Lectio La foi au creuset

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Première lettre de Pierre 1, 3

Le temps de la préparation

« Pourquoi te désoler, ô mon âme… ? Espère en Dieu ! » (Ps 42, 5)

Le temps de l’observation

Les croyants auxquels s’adresse la première lettre de Pierre font l’expérience douloureuse de la différence qu’entraînent leur foi et leur pratique. Ils ont rompu avec leur ancienne manière de vivre et honorent « la sainteté du Seigneur Jésus Christ » en vivant de son message. Soumis aux difficultés de toute minorité, ils sont encouragés à tenir, sachant que les remises en question extérieures peuvent provoquer des remises en question intérieures. Tout au long de son épître, Pierre les exhorte à une vivante espérance (1 P 1, 3-21) dont il s’agira de rendre compte à ceux qui le demandent. Une espérance fondée sur la victoire pascale du Christ « mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l’Esprit ». Cette espérance ne leur ouvre-t-elle pas un avenir que l’auteur formule en termes d’héritage, de salut, de face-à-face… ? Ne donne-t-elle pas à celui qui se tourne vers le Christ « berger » (1 P 2, 25) un autre regard sur l’adversité, pour découvrir dans ses épreuves un creuset pour sa foi, plus précieuse « que l’or vérifié… par le feu » (1 P 1, 7) ?

Le temps de la méditation

Si l’espérance porte sur l’avenir, une réalité sur laquelle nous n’avons pas prise, elle ne se fonde pas moins sur l’expérience présente et passée – la nôtre et celle des croyants engagés dans la même aventure. Ce qui nous invite à méditer sur les promesses de l’Ancien Testament accomplies en Jésus, à relire notre passé et notre présent pour y découvrir que la puissance de Dieu y est à l’œuvre. Elle qui se manifeste dans l’attrait et l’amour que nous avons pour le Christ, dans la joie qui nous habite, dans la persévérance qui nous donne de traverser les obstacles, dans notre capacité à ne pas « rendre l’insulte pour l’insulte­ » et à témoigner de l’espérance qui nous fait vivre dans « la douceur et le respect ». En ce temps pascal, peut-être est-il bon de relire entièrement la première lettre de Pierre pour recevoir le lait non dénaturé de la Parole (1 P 2, 2) et nous laisser gagner par l’élan que donne l’espérance.

Le temps de la prière

« De nouveau, je rendrai grâce : il est mon sauveur et mon Dieu ! » (Ps 42, 5)

Emmanuelle Billoteau, ermite

Éditorial avril 2026

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