Lectio Une communauté en attente

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Actes des Apôtres 2, 1-11

Le temps de la préparation

« Seigneur, envoie ton Esprit, renouvelle la face de la terre. » (cf. Ps 103, 30)

Le temps de l’observation

L’évènement qui nous est décrit est de l’ordre de l’accomplissement de la promesse telle que formulée par Jésus à la fin de l’évangile de Luc ou au début des Actes des Apôtres, à savoir le don « d’une puissance venue d’en haut », déjà annoncée par le prophète Joël comme le don des derniers temps. Un don qui ne concernera plus ces seuls privilégiés qu’étaient les rois, les prêtres et les prophètes, mais tout le peuple (Jl 3, 1-2). Les manifestations cosmiques : feu, vent du ciel, ébranlement de la maison sont les signes des théophanies dans l’Ancien­ Testament, entre autres, au Sinaï (cf. Ex 19), à l’Horeb (cf. 1 Roi 19), dans le Temple de Jérusalem (cf. Is 6) – des manifestations respectivement accordées au peuple d’Israël, aux prophètes Élie et Isaïe. Une manière de signifier le bouleversement intérieur qu’entraînent toute expérience de Dieu et la nouveauté qu’elle instaure. En Actes, le don de l’Esprit suscite une parole capable de franchir les frontières linguistiques et donc culturelles et religieuses avec les a priori qui leur sont associés.

Le temps de la méditation

Si, pour se protéger, les habitants de Babel cherchaient à créer une unité à coups de décrets (« Allons, fabriquons… ») et d’uniformité dans une langue et une pensée uniques (cf. Gn 11, 3-6), les bénéficiaires du don de l’Esprit­ s’avèrent rejoints par des étrangers dont ils ont pu se faire entendre. Non pas pour les « absorber », mais pour leur parler des « merveilles de Dieu » : le seul autour duquel peut se construire une unité digne de ce nom. Aucune des personnes touchées ne perd sa propre langue ; la singularité n’est plus un obstacle mais une richesse. Ce qui disqualifie d’emblée la recherche d’une fausse unité pour garantir un quelconque pouvoir ou favoriser l’immobilisme en agitant le spectre de la division. Quelle langue parlons-nous ? Celle de la peur et de l’exclusion ou celle qui partage la force créatrice du Verbe venu pour que tous les hommes soient sauvés ?

Le temps de la prière

« Viens, Esprit de sainteté. Viens Esprit de lumière ! » (Emmanuel). 

Emmanuelle Billoteau, ermite

Éditorial avril 2026

Hors des sentiers battus L’an dernier, j’avais choisi Le Petit Prince comme lecture pour m’accompagner pendant le Carême. Après tout, le petit livre d’Antoine de Saint-Exupéry ne raconte-t-il pas une…