Commentaire En nous

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«Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » La question, posée par les Juifs et relayée par Jean, n’a-t-elle pas habité chacune, chacun d’entre nous à un moment de notre vie de croyant ? En évoquant un pain qui tombe du ciel, l’auditoire de Jésus a forcément en tête la manne tombant du ciel dans le livre de l’Exode, sans laquelle le peuple hébreu serait mort de faim. La promesse ici est différente, et c’est ce que Jésus veut souligner. Cette fois, le pain qu’il offre à travers sa chair donne la vie éternelle. C’est peut-être sur cette éternité qu’il nous faut porter notre attention. Plutôt que d’être un futur hypothétique, le don de Jésus nous fait participer, depuis ici et maintenant, à cette vie en abondance qui ne finit pas. Dans cette communion où Dieu vient demeurer en nous, la trame de notre existence s’ouvre à une autre manière d’être, tournée vers cette promesse d’éternité et ce qu’elle implique pour nos vies, si nous la prenons au sérieux. Ce Dieu qui vient demeurer en nous, c’est ce qui nous prémunit de réduire notre foi à une éthique. Mais c’est aussi l’aiguillon de l’amour qui nous presse de vivre la communion telle que le Christ l’a enseignée. Et s’il y a forcément quelque chose qui nous dépasse dans ce médium qu’est l’hostie, son humilité correspond bien à la simplicité évangélique. Dans un bout de pain peut se tenir une puissance de salut.

Comment la promesse de la vie éternelle peut-elle donner une autre dimension à ma vie quotidienne ?

Est-ce que, comme les Juifs interrogeant Jésus, je me laisse la possibilité de m’étonner de cette surprenante manifestation de Dieu qu’est le Saint Sacrement ? 

Marie Leduc-Larivé, théologienne

Éditorial juin 2026

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