Lectio Les Béatitudes, une option ?

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Évangile selon saint Matthieu 5, 1-12a

Le temps de la préparation

« Qui peut gravir la montagne du Seigneur ? » (Ps 23, 3)

Le temps de l’observation

Les Béatitudes proposent un horizon exigeant qui ne vise pas le seul comportement mais les dispositions intérieures censées caractériser tout disciple du Christ. Il ne s’agit pas d’une option comme le suggère le contexte qui fait écho au don du Décalogue sur la montagne du Sinaï. La promesse de bonheur qui se fait entendre vient rejoindre le vœu le plus cher des humains, certes. Mais ce bonheur ne relève en rien de l’image spontanée qu’ils s’en font. Paul le dit à sa manière : « On nous croit tristes, et nous sommes toujours joyeux […] ; démunis de tout et nous possédons tout » (2 Co 6, 10). Les sociétés dans lesquelles ces paroles ont été transmises, marquées par le paganisme et l’hellénisme, méprisaient tout ce qui pouvait s’apparenter à des manifestations de faiblesse : douceur, miséricorde…, sans parler de la position de « victime ». Le terme grec traduit par « heureux » s’appliquait d’abord aux dieux, non soumis à la condition mortelle, puis aux puissants.

Le temps de la méditation

S’il est un texte qui nous incite à nous laisser configurer au Christ, c’est bien celui-là. N’a-t-il pas vécu chacune de ces « Béatitudes » dans sa vie terrestre ; choisi d’embrasser pleinement la condition humaine, en ne retenant pas « jalousement le rang qui l’égalait à Dieu » (Ph 2, 6) ? Être chrétien ne va donc pas sans combat spirituel pour ne pas se laisser déstabiliser par la vision qui associe au bonheur la force, l’affirmation de soi, le succès, et pour maintenir son choix de vivre en Christ. Aucune apologie du misérabilisme dans les Béatitudes, il s’agit bien plutôt d’accueillir la force de l’Esprit qui instaure la nouveauté du Royaume. Certaines des situations évoquées sont choisies – pauvreté de cœur, miséricorde, douceur –, d’autres sont subies – persécutions. Toutes n’en sont pas moins des lieux de traversée. Car le bonheur, en hébreu, est lié à la marche finalisée par la promesse – un mouvement qui va de pair avec la dilatation du cœur (cf. traduction d’A. Chouraqui).

Le temps de la prière

« Louange et gloire à notre Dieu ! » (cf. Ap 7, 12). 

Emmanuelle Billoteau, ermite

Éditorial d'octobre 2026

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