Commentaire Au monde et à moi

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Dans le don du Fils unique engendré, c’est Dieu tout entier qui est engagé : le Père et le Fils et le Saint-Esprit. Dans le chapitre sur la contemplation de l’Incarnation de ses Exercices Spirituels, saint Ignace de Loyola propose de contempler « comment les trois Personnes divines […] décident en leur éternité que la deuxième Personne se ferait homme pour sauver le genre humain » (no 102). En son Fils, Dieu se donne tout entier. Lorsque le Verbe de Dieu se fait chair, Dieu est tout entier engagé par son Verbe. Lorsque je dis : « Je te donne ma parole », je suis tout entier engagé par et dans cette parole donnée, et mon interlocuteur garde en lui ma parole sans que cette parole m’ait quitté. Dieu se donne. Mais le recevons-nous ? Dans son Offrande à l’Amour miséricordieux, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus osera écrire en s’adressant à « mon Dieu ! Trinité bienheureuse » : « Vous m’avez aimée jusqu’à me donner votre Fils unique pour être mon Sauveur et mon Époux. » Thérèse passe du « monde » à « moi » : « Dieu a tant aimé le monde » devient « Dieu m’a tant aimé ». ­Délire, mégalomanie, orgueil ? Non, simplement, audace de la foi. Comme saint Paul dira : « Le Fils de Dieu m’a aimé et s’est livré pour moi » (cf. Ga 2, 20). Le salut advient dans ma vie quand je découvre ce « pour moi ». Le mystère de la Sainte Trinité, c’est le mystère de l’amour qui se « dilate » pour que je puisse y entrer, gracieusement. En me donnant Jésus, Dieu me dit : « Je te donne ma parole. »

Quelle est cette promesse que Dieu me fait ?
Dieu me donne Jésus en vue de me sauver. Quel désir ai-je d’être sauvé, et de quoi ? 

Emmanuel Schwab, recteur du sanctuaire de Lisieux

Éditorial avril 2026

Hors des sentiers battus L’an dernier, j’avais choisi Le Petit Prince comme lecture pour m’accompagner pendant le Carême. Après tout, le petit livre d’Antoine de Saint-Exupéry ne raconte-t-il pas une…