Commentaire Décrire l’inouï

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Comment dire que Jésus était mort et qu’il ne l’est plus ? Plus que ça, comment le faire comprendre aux générations qui succéderont aux premiers témoins de l’événement ? C’est probablement l’une des questions que s’est posée chacun des évangélistes en écrivant son récit de la Résurrection.
Chez Matthieu, il y a ce grand fracas qui accompagne la venue de l’ange et que l’on ne retrouve pas chez les autres évangélistes. L’annonce de la Résurrection est précédée de manifestations extraordinaires jusqu’à laisser les gardiens du tombeau « comme morts ». Puis, quand il s’adresse à Marie et Marie Madeleine venues au tombeau, l’ange s’empresse d’être rassurant : « Soyez sans crainte », avant de leur faire part de l’incroyable nouvelle de la Résurrection. « Crainte et joie » sont les sentiments mêlés que ressentent ces femmes, nous dit le texte, et c’est peut-être ces mêmes sentiments que Matthieu cherche à nous faire revivre dans sa narration. Le fracas, avant la parole apaisante de l’ange et l’annonce éclatante de la Résurrection.
À la fin du récit, Jésus se présente à ses amies, comme en surplus, simplement pour le goût des retrouvailles. Il n’avait rien à leur prouver car elles s’étaient déjà laissé conquérir par la joie : elles avaient cru.
Peut-être est-il possible de faire descendre au fond de nous, à la suite de ces femmes, cette tension entre la crainte devant cet événement inouï et la joie devant ce que Dieu peut réaliser ?

Quels sentiments la résurrection de Jésus suscite-t-elle en moi ?
Si je devais à mon tour faire le récit de cette résurrection à mes contemporains, qu’est-ce que j’aimerais leur transmettre ? ■

Marie Leduc-Larivé, théologienne

Éditorial avril 2026

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