Commentaire Les gestes de l’amour fou

A A

L’ultime repas du Seigneur avec ses disciples est le temps et le lieu d’un combat. Combat de Simon-Pierre, qui résiste à se laisser faire par celui-là même qui lui a confié la responsabilité de la communauté des disciples. Combat de Judas, tandis que Jésus pose un geste d’alliance par le partage du pain, corps livré, offert librement à tous. Ayant reçu de Jésus la bouchée, Judas choisit le camp de l’ennemi. Il trahit le Seigneur et fait alliance avec le diable.
Jésus lève le voile sur sa véritable identité. Lui, Maître et Seigneur­, est serviteur de tous. Il offre aux disciples la béatitude du service : « Heureux êtes-vous, si vous le faites. » Par l’offrande de sa vie, il enseigne les disciples. La joie du disciple est d’agir à la ­manière du Maître pour devenir, avec lui et par lui, serviteur de ses frères et sœurs en humanité. Ainsi nous aussi, à la suite des disciples, nous sommes appelés par le Seigneur lui-même à nous laver les pieds les uns aux autres : « C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » Le geste du lavement des pieds est celui de la victoire de l’amour sur toute forme de combat. Cette folie de l’amour se dit en gestes : le service mutuel, dans une communauté de frères et de sœurs, à la manière du Christ Jésus. Lui-même nous appelle, nous convoque, nous rend capables de construire la fraternité.

Est-ce que j’entends l’appel à la joie du service de mes frères et mes sœurs ?
Comment est-ce que j’y réponds dans mon quotidien ?
Comment me laisser transformer par l’Évangile et agir à la manière du Seigneur ? ■

Anne Da, xavière

Éditorial mars 2026

À la table du Seigneur J’étais reçu à souper chez mon cousin, que je n’avais pas revu depuis quelques années. J’avais apporté une bonne bouteille de vin rouge pour cette…