24ᵉ dimanche du temps ordinaire - Couleur liturgique: vert
Psaume 102 (103)
Le temps de la préparation
« Comme le ciel domine la terre, fort est son amour pour qui le craint ; aussi loin qu’est l’orient de l’occident, il met loin de nous nos péchés. » (Ps 102, 11-12)
Le temps de l’observation
Un écart sépare l’être humain de Dieu et le psaume tente de mettre des mots sur cet espace. Le plus souvent l’être humain agit « bord-à-bord » : œil pour œil, dent pour dent, il rend coup pour coup, la mesure donnée correspondant à la mesure reçue. Le psalmiste découvre que Dieu, lui, ne fait pas ainsi. Dans le temps, sa rancune s’arrête, ses griefs se terminent. Son jugement n’est pas à la hauteur de la sévérité de la faute commise. L’action de Dieu se reconnaît à l’écart qu’il met entre lui et nous, au refus qu’il a de compter exactement la somme des reproches à notre égard. Dieu ne veut pas d’un jugement qui ne serait que comptable. Il met au large, au sens aussi où il fait preuve de largesse. Il s’arrête avant quand il s’agit du reproche et il couvre largement quand il s’agit d’amour. À cet espace, le psalmiste reconnaît l’action de Dieu, il s’en émeut et rend grâce pour cela.
Le temps de la méditation
C’est une vérité intérieure, sûrement longuement méditée, que nous offre l’auteur du psaume : la conviction que Dieu est plus grand que l’exactitude des calculs. Dieu ne fait pas de la comptabilité car ce n’est pas la somme de nos actions qui l’intéresse mais notre capacité à renaître à l’amour et à la vie. Quand il s’y sent appelé, l’être humain aussi peut introduire des écarts dans ses comptes et ouvrir ainsi un espace de création inédit : amoindrir les reproches et les critiques, augmenter les mercis et les bravos, contempler plus, critiquer moins, aimer plus, accuser moins. L’écart est à reproduire dans nos vies non pas d’abord parce que Dieu le demande mais parce que nous comprenons que cet écart est en fait un espace de vie, de salut, de créations, de joie et donc de liberté. La grandeur de Dieu et donc celle de notre propre vie se jouent dans cette capacité à créer des espaces y compris là où personne ne les entrevoit.
Le temps de la prière
« Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être ! » (Ps 102, 1)
Marie-Laure Durand, bibliste
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