Commentaire Déclarations

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Dans ce discours où il envoie ses disciples en mission, Jésus ne fait pas de vaines promesses : la tâche de ses amis sera ardue. Comme lui, ils feront face à une violente opposition. Jésus est lucide et désire que nous le soyons également : le suivre et parler en son nom peut mener sur des chemins périlleux. Dénoncer les injustices, refuser toute violence, prendre les armes de la compassion, de la vulnérabilité, de la paix, tout cela met en danger. La vie de Jésus en est une parfaite illustration. Pourtant, en conclusion de ces avertissements qui présagent des lendemains difficiles pour les disciples, Jésus répète à plusieurs reprises : « Ne craignez pas. » Car tout en envoyant ses disciples au-devant de probables difficultés, Jésus promet une vie qui surpasse celle du corps et il les assure de son soutien indéfectible. Il leur dit qu’il se « déclarera » pour eux. Ainsi ne faut-il pas entendre les mots qui concluent ce passage comme l’énoncé d’une condition sous le mode d’un donnant-donnant. Dieu n’est pas un parrain de la mafia qui dispense sa protection en échange de notre soumission. Il faut entendre ces mots comme une bonne nouvelle : en Dieu se trouvent notre force et notre vie. Cette vie est déjà dispensée mais Dieu, qui respecte infiniment la liberté de chacun, attend de nous que nous donnions notre consentement à recevoir son soutien, c’est-à-dire à nous « déclarer » nous aussi pour lui.

Comment résonnent en moi les paroles de Jésus m’assurant que tout ce que je suis compte pour Dieu jusqu’au moindre de mes cheveux ?

Quelles peurs puis-je confier à Dieu pour lui demander de m’en libérer ? 

Marie-Caroline Bustarret, théologienne, enseignante aux facultés Loyola Paris

Éditorial mai 2026
Jean Grou

Neuf décennies au service de l’Église d’ici Mine de rien, Prions en Église, dans sa version dominicale, traverse actuellement sa quatre-vingt-dixième année. Quatre-vingt-dix ans, c’est ce qu’on peut appeler un…