Commentaire Tous appelés à la conversion

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Pourquoi Jean le Baptiste s’en prend-il avec une telle véhémence aux pharisiens et aux sadducéens, alors même que ces derniers font l’effort de se rendre auprès de lui pour recevoir son baptême ? Pourquoi une telle sévérité envers des hommes qui se plient comme tout le monde au rituel de repentance proposé ? Jean leur reproche leur hypocrisie et leur orgueil. L’hypocrisie, car ils convoitent les bonnes grâces de Dieu sans vouloir changer leur cœur. Ils aspirent aux « bénéfices » de la conversion sans la conversion. Plus loin dans le même évangile, Jésus fait le même reproche aux pharisiens dont la piété n’est que « des lèvres » : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi » (Mt 15, 8). Et pour aggraver leur cas, les pharisiens et les sadducéens doublent leur hypocrisie d’orgueil : ils pensent que leur appartenance au peuple d’Israël, détenteur de la promesse de Dieu, leur vaut automatiquement le pardon. Comme si le don de l’amour de Dieu était tributaire du groupe dont nous faisons partie. Ainsi Jean le Baptiste rappelle-t-il deux choses valables pour nous aujourd’hui. Premièrement, Dieu n’a que faire des frontières que nous établissons, son peuple (ou son Église) est constitué de celles et ceux dont le cœur est près de lui. Deuxièmement, notre salut ne se fait pas sans nous : il nous est demandé d’agir en conformité à l’amour qui nous est donné.

Quels gestes pourrais-je poser cette semaine pour transmettre l’amour de Dieu ?

Quelle conversion ai-je à vivre en ce moment ?

Marie-Caroline Bustarret, théologienne, enseignante aux facultés Loyola Paris

Éditorial de janvier 2026

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