Commentaire La grâce de Dieu dans le monde

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Les textes d’aujourd’hui nous placent dans une bien drôle de situation. D’un côté, Isaïe ne semble pas douter un instant que le roi des Perses, Cyrus, doive ses succès à la faveur d’un Dieu qu’il ne connaît pas et vénère encore moins. De l’autre, Jésus, avec son habile et incisif : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu », semble opérer une distinction décisive entre les autorités temporelle et spirituelle.
Alors, Dieu conduit-il le monde par l’intermédiaire des gouvernants, oui ou non ? Ou seulement un peu, à sa manière bien à lui ? La question est complexe. Mais ce que l’on peut affirmer hors de tout doute, c’est qu’au cours de l’histoire, et encore aujourd’hui, dans des pays pourtant sécularisés, l’invocation de Dieu pour justifier une action politique engendre souvent violence et abus.
En ce qui concerne l’action de la grâce de Dieu dans le monde, la seule certitude de foi qui se révèle véritablement inattaquable est peut-être celle que nous voyons se déployer dans notre propre vie. Nous sommes les mieux placés pour reconnaître ces « petits miracles » qui nous relèvent alors que nous étions au point mort ; cette aide inespérée ; ou encore le dessillement de nos yeux lorsque nous sommes pris dans les entrelacements confus des relations humaines.
Dieu est bel et bien présent. Mais il ne plane pas au-dessus du monde comme sur un théâtre de marionnettes. Il agit en façonnant les cœurs qui se laissent approcher.

M’est-il déjà arrivé d’avoir l’impression que Dieu contrôlait les événements du monde ?
Quels « petits miracles » ont soutenu mon cheminement de foi ? 

Jonathan Guilbault, directeur éditorial de Prions en Église Canada

Éditorial d'octobre 2026

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