Commentaire Humilité biblique

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La récurrence des appels à l’humilité dans les textes bibliques manifeste que celle-ci n’est sans doute pas la première caractéristique des personnes qui se réclament de la foi en Dieu. De son côté, Paul emploie souvent le vocabulaire de la « fierté ». Il veut corriger l’autocongratulation de certains groupes, en appelant les chrétiens de Corinthe à n’être fiers que « dans le Seigneur ». Ce ferme recadrage trahit la tentation permanente de nous attribuer ce qui n’appartient qu’à la grâce, avec le risque avéré de ployer sous la pression de « l’Évangile de la prospérité ». Dans cette forme dévoyée de compréhension de l’action de Dieu dans l’histoire, le seul critère d’évaluation de nos initiatives pastorales et liturgiques est le succès numérique ou financier.
Or, la nécessaire relecture de nos propositions devrait plutôt s’appuyer sur les Béatitudes, aux critères paradoxaux mais joyeux ! Malgré les signes extérieurs de puissance que les Églises chrétiennes cherchent parfois à se donner, nous devrions être conscients de faire partie des « humbles du pays », de n’être qu’un peuple pauvre et modeste, prêt à recevoir la vérité sans jamais pouvoir prétendre en être le maître. Au-delà du travail sur l’enseignement biblique et du geste fraternel que nous tentons d’esquisser, ce rapport respectueux à ce qui nous est donné se déploie dans l’eucharistie. La communion au Christ nous est gracieusement offerte mais elle ne nous appartient pas.

Quels sont mes critères de relecture de la vie liturgique et pastorale de ma communauté ?
À quel « pauvre de cœur » vais-je témoigner ma proximité cette semaine ? 

Luc Forestier, prêtre à La Madeleine (diocèse de Lille)

Éditorial mars 2026

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