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Lectio Réduire la fracture

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Le temps de la préparation
« Des hauteurs, son sanctuaire,
le Seigneur s’est penché ; du ciel, il regarde la terre pour entendre la plainte des captifs et libérer ceux qui devaient mourir. »
(Ps 101, 20)

Le temps de l’observation
Les questions de pureté fracturent le paysage social, humain, religieux. Être impur c’est se retrouver du côté de la mort et le signifier aux autres. Les lépreux rentrent dans cette catégorie. Ils sont exclus du lien social et, comble de la tragédie, doivent eux-mêmes collaborer à cette mise à l’écart en criant aux personnes qu’ils rencontrent : « Impur ! Impur ! » Non content de les enfermer pour des questions symboliques dans leur statut de personnes malades, il leur est demandé de s’autodésigner dans cette appartenance. Si on peut comprendre les périmètres de sécurité nécessaires à toute maladie contagieuse, ce processus de mise à distance des personnes est plus difficile à concevoir. Jésus ne s’embarrasse pas de ces consignes. Il outrepasse la distance de sécurité établie : physiquement, en mettant en danger sa vie, symboliquement, en se rapprochant des parias.

Le temps de la méditation
Jésus revendique ce processus de réintégration sociale des personnes impures. Il en fera un des signes en acte du Royaume. « Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle » (Mt 11, 5). La réintégration des lépreux dans le corps social par la guérison et par le refus de l’exclusion est un des signes du royaume de Dieu sur terre. Aujourd’hui la maladie, comme l’appartenance à certaines catégories, peut toujours constituer un facteur d’exclusion. Si dans l’Église le pur et l’impur ne sont plus des catégories valides, l’exclusion reste une menace qui concerne chacune de nos communautés. Jésus passe son temps à réduire les fractures, à diminuer les écarts théoriquement infranchissables qui séparent les uns et les autres. La fidélité à l’Évangile demande simplement de ne plus faire de nos écarts un motif de rejet.

Le temps de la prière 
« Seigneur, entends ma prière : que mon cri parvienne jusqu’à toi ! Ne me cache pas ton visage le jour où je suis en détresse ! Le jour où j’appelle, écoute-moi ; viens vite, réponds-moi ! » (Ps 101, 2-3) 

Marie-Laure Durand, bibliste

Éditorial d'avril 2024

Seigneur, surprends-nous! Le mois d’avril a une particularité cette année: il est tout entier sous le signe de la résurrection, alors que le mois de mars était couvert d’un bout…