Éditorial du mois

Éditorial de février 2026

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Plonger dans la folie de Dieu

Alors que nous traversons sous nos latitudes les jours les plus froids de l’année, la liturgie nous offre une célébration qu’on pourrait qualifier de «chaleureuse»: la Présentation du Seigneur au Temple, le 2 février. En effet, tout au début de celle-ci, nous procédons au rite de la lumière, chaque membre de l’assemblée tenant une bougie allumée. Bon, il n’y a pas de quoi faire fondre les bancs de neige qui encombrent les rues de nos villes, mais c’est mieux que rien!

Plus sérieusement, rappelons qu’en 1997, saint Jean-Paul II décrétait que le 2 février serait aussi la Journée de la vie consacrée. Il voulait ainsi que soient mis en lumière annuellement la place et le rôle des personnes engagées plus durablement et officiellement dans la vie de l’Église catholique. Elles le sont de diverses façons au sein d’instituts aux vocations particulières: de vie contemplative, de vie apostolique ou d’autres dits séculiers. Celles-ci peuvent aussi œuvrer à titre de vierges consacrées ou comme ermites.

Vous connaissez certainement des personnes consacrées dans votre entourage, peut-être même au sein de votre famille. Mais d’autres passent inaperçues, car toutes ne portent pas de signes distinctifs. C’est une présence discrète au sein de la société et de l’Église, le proverbial levain dans la pâte. Leur contribution à la vie sociale et ecclésiale d’ici ne fait certes pas la manchette, mais elle demeure une force tranquille dans notre monde, en y portant la voix de l’Évangile.

Le nombre de personnes consacrées a certes considérablement diminué ces dernières décennies, du moins chez nous. Autrefois, bien des parents souhaitaient qu’un de leurs enfants devienne prêtre, religieux ou religieuse. Il en va tout autrement aujourd’hui. Dans la société en général, un tel engagement ne suscite guère d’admiration, mais bien plutôt de l’indifférence, de la curiosité ou même de la suspicion. Prendre une semblable décision dans ce contexte comporte quelque chose de radical, adjectif à prendre selon son étymologie: «être enraciné». Oui, ça prend un solide ancrage pour emprunter une telle voie. Il faut une bonne dose de courage, d’audace et même un brin de folie. C’est incarner pleinement ce qu’écrivait saint Paul à la communauté de Corinthe: «Ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes.» (1 Corinthiens 1, 25)

Alors le 2 février, ne ménageons pas nos prières, encouragements et marques de reconnaissance à l’endroit des personnes qui ont choisi la voie de la vie consacrée. Une fois par année, ce n’est certainement pas de trop!

Jean Grou