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Éditorial mai 2026

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Neuf décennies au service de l’Église d’ici

Mine de rien, Prions en Église, dans sa version dominicale, traverse actuellement sa quatre-vingt-dixième année. Quatre-vingt-dix ans, c’est ce qu’on peut appeler un âge vénérable. Le livret de messe en a vu couler de l’eau sous les ponts enjambant le canal Rideau ou le fleuve Saint-Laurent! Il a affronté des tempêtes de neige, des inondations, une guerre mondiale, des grèves postales et même une pandémie…

L’existence du Prions en Église a pourtant commencé par un faux pas. En effet, la production du tout premier numéro, réalisé pour le dimanche 7 juin 1936, a pris du retard, si bien qu’il n’a pu être distribué à temps et tous les exemplaires ont été détruits. Cette mésaventure a manifestement servi de leçon à ses éditeurs puisque depuis, il est arrivé à destination sans interruption, à quelques rares exceptions près.

Prions en Église a vu le jour sous l’initiative du Centre Catholique fondé à Ottawa quelques années plus tôt. En 1969, celui-ci a changé de nom pour Novalis. La publication s’appelait au départ Prie avec l’Église et son mode de distribution était des plus élémentaires: des hommes sans emploi étaient engagés pour les offrir aux portes des églises pour le prix exorbitant d’un cent! Le succès ne s’est pas fait attendre. En juin 1936, on tirait à mille exemplaires et en octobre de la même année, on passait à dix mille. Cette croissance s’est poursuivie jusque dans les années 1970.

Rappelons que Prie avec l’Église est apparu une trentaine d’années avant le concile Vatican II. Il fallait une bonne dose d’audace de la part de ses responsables pour permettre aux fidèles d’accéder aux textes de la liturgie, un domaine alors essentiellement réservé aux prêtres. C’est d’ailleurs dans la foulée de la réforme à la suite de ce concile que ses éditeurs ont changé son nom pour Prions en Église. Ils voulaient montrer que celles et ceux qui prient ne se joignent pas seulement à l’Église: ils la constituent, ils en sont le cœur vivant.

Plusieurs raisons expliquent la remarquable longévité de cette modeste publication; j’en retiens ici quelques-unes. Premièrement, sa stabilité. Après une période d’essais et d’erreurs, ses responsables sont parvenus à une «formule gagnante» qui répond aux besoins des fidèles rassemblés pour participer à l’eucharistie. Deuxièmement, un sain équilibre entre la fidélité aux enseignements de l’Église et le souci d’adapter ses propositions aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui, dans un monde en constante évolution. Troisièmement, le dévouement et la compétence de ses artisans et artisanes qui ont toujours considéré Prions d’abord comme un service ecclésial plutôt que comme une entreprise commerciale. Et vous, qu’en dites-vous? Quelles raisons vous motivent à feuilleter Prions en Église aujourd’hui?

Jean Grou