Éditorial

À la fois Dieu et homme

La vitalité des relations entre le Prions en Église et vous qui fréquentez ses éditions mensuelle et dominicale se manifeste entre autres dans le courrier des lecteurs. Au nom de l’équipe de rédaction, je vous remercie pour la confiance, la gratitude et les encouragements que nous expriment sans relâche vos courriels, vos lettres et, à l’occasion, vos appels téléphoniques. Et je vous remercie tout autant d’exercer parfois votre droit de vigilance par une question, voire une critique visant la forme ou le contenu. C’est chaque fois l’occasion de rectifier ce qui peut l’être ou de faire un pas devant avec vous, surtout quand la remarque qui nous est adressée prend la tournure d’un reproche inquiet, parfois tranchant.

Dans le sillage du temps de Noël qui se terminera ce 12 janvier et dans la perspective de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, célébrée mondialement du 18 au 25 janvier, je retrouve une lettre datée de mars dernier. Elle réagit à une chronique de l’édition dominicale selon laquelle Jésus n’a su ce qu’il était, le Fils bien-aimé de Dieu, qu’à partir du jour de son baptême (cf. Luc 3, 22). Elle considère cette affirmation comme «une erreur doctrinale grave», car «si Jésus ne savait pas qu’il était Dieu, il n’aurait pas été Dieu». Ce raisonnement est intéressant. Il soulève une question centrale de christologie, le domaine de la théologie qui réfléchit sur Jésus Christ, et particulièrement sur le rapport de sa personne à Dieu.

Les Églises des premiers siècles chrétiens ont débattu passionnément toutes les questions du genre de celle que la lettre soulève. Jusqu’à se disputer et rompre parfois la communion entre elles. Elles ont alors cherché à s’entendre en organisant les premiers grands conciles œcuméniques. Ceux de Nicée (325) et Constantinople (381) ont proclamé haut et fort que le Fils est Dieu, de même nature (en grec homoousios) que le Père. Mais la profession de foi du concile de Chalcédoine (451) est tout aussi importante. Elle nous demande de croire que notre Seigneur Jésus Christ est non seulement Dieu mais aussi pleinement homme, «de même nature (homoousios) que nous selon l’humanité».

On ne nie donc pas la divinité de Jésus, mais on affirme son humanité en reconnaissant qu’il ne savait pas tout et qu’il n’a pris conscience que progressivement de son être et de sa divinité. On fait surtout de grands pas dans la foi et l’espérance en découvrant que Jésus n’est pas un Dieu tombé du ciel pour une visite de bienveillance, mais Dieu qui a partagé notre condition humaine en tout, sauf le péché (cf. Hébreux 4, 15).

Jacques Lison

 

Notre Seigneur Jésus Christ est non seulement Dieu mais aussi pleinement homme.