Éditorial

Solidaires avant tout

LE 22 NOVEMBRE 1963, John F. Kennedy, président des États-Unis, mourrait assassiné dans une rue de Dallas. Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin tombait. Le 11 septembre 2001, deux avions s’enfonçaient dans les tours du World Trade Center à New York et un troisième s’écrasait sur le Pentagone. Le 15 avril 2019, un incendie ravageait la cathédrale Notre-Dame de Paris. Ces événements ont ébranlé ou ému une large part de la population mondiale en raison, notamment, de leur lourde charge symbolique.

L’année 2020 aura aussi été le théâtre d’un événement marquant: la pandémie causée par l’apparition d’un nouveau coronavirus. Mais contrairement aux faits évoqués d’entrée de jeu, celui-ci ne s’est pas produit en un lieu et à un instant précis. Le virus, en effet, est entré dans nos vies de façon discrète et progressive. Et, surtout, il a eu des conséquences directes et concrètes dans la vie des gens partout dans le monde. Non seulement il a frappé notre imagination, mais il a surtout bouleversé notre quotidien.

Des historiens soutiennent que la grande peste qui a décimé la population européenne entre 1347 et 1351 a contribué à l’émergence de la Renaissance. Assisterons-nous à une transformation aussi marquante à la suite des ravages causés par la COVID-19? Les historiens du futur sauront le dire. À plus court terme, une chose est sûre: la rentrée cette année sera très différente de toutes celles que nous avons connues jusqu’ici! Alors que j’écris ces lignes au lendemain de Pâques, je n’ose m’aventurer dans quelques prédictions. Mais des questions et souhaits me viennent à l’esprit…

Aurons-nous profité de nos temps de confinement, de solitude, pour nourrir notre vie intérieure, pour redécouvrir la richesse de la parole de Dieu? La privation de la messe aura-t-elle été l’occasion d’explorer de nouvelles manières d’exprimer et de célébrer notre foi? L’impossibilité de nous rassembler pour l’eucharistie aura-t-elle aiguisé notre désir de faire communauté, de nous retrouver comme frères et sœurs de Jésus Christ? L’absence de nos proches nous aura-t-elle ouverts à la présence du Seigneur?

Dans la société en général, un mot revient souvent depuis le début de la pandémie: solidarité. Nous avons constaté à quel point même les gestes les plus banals peuvent avoir des conséquences bien au-delà de ce que nous imaginons spontanément. S’il y avait un bienfait à espérer de la crise de la COVID-19 c’est bien celui-là: une véritable prise de conscience que nous sommes solidaires, et ce, à l’échelle planétaire. Solidaires, dans l’épreuve, mais aussi dans la joie.

Jean Grou

 

L’impossibilité de nous rassembler pour l’eucharistie aura-t-elle aiguisé notre désir de faire communauté?