Éditorial

CETTE ANNEE nous vous proposons du contenu marial durant tout le mois de mai. Vous ne le trouverez pas dans votre Prions en Église, mais sur le Web. Cette offre vous exprime que, malgré les contraintes liturgiques auxquelles Prions en Église nous soumet, nous sommes sensibles au mois de Marie. Je ne puis mieux vous assurer de cela qu’en réitérant la réponse que mon éditorial de mai 2005 donnait à la question qui nous est régulièrement posée: pourquoi Prions en Église n’accorde pas plus de place à Marie durant le mois de mai?

L’explication de cette discrétion part du fait que Prions est au service de la liturgie. Comprenons bien: la liturgie ne rejette pas la dévotion populaire, mais elle suit son propre rythme et ses saisons. Et le climat liturgique de mai est celui de la floraison pascale.

Est-ce à dire que la vénération de Marie est réservée à la seule dévotion populaire? Non, évidemment. La liturgie donne une bonne place à Marie dans son quotidien et en cours d’année. En plus de bien des mémoires, dont celle de Marie, Mère de l’Église, le lendemain de la Pentecôte (cette année le 24 mai), elle lui consacre trois solennités : l’Annonciation (25 mars), l’Assomption (15 août) et l’Immaculée Conception (8 décembre). Chaque samedi du temps ordinaire offre, en outre, la possibilité de célébrer l’eucharistie en mémoire de la Sainte Vierge Marie. Enfin, certaines prières de la liturgie de la messe invoquent Marie. En particulier, toutes les prières eucharistiques demandent au Père d’une manière ou d’une autre de nous rassembler un jour avec Marie, la Mère de Dieu, et avec les Apôtres et tous les saints, dans la vie éternelle.

«Marie, la Mère de Dieu [Theotokos]…» La liturgie garde mémoire de ce titre proclamé par le concile d’Éphèse au 4e siècle. Il affirme l’union de la divinité et de l’humanité dans la personne du Christ, né de Dieu et de Marie. Autrement dit, Marie n’est vénérée qu’en fonction de son fils, le Christ. C’est d’ailleurs dans cette perspective que sa présence dans la liturgie de l’Avent et de Noël est telle que décembre peut être considéré comme le vrai mois de Marie (voir Prier la Parole 107, p. 22).

La liturgie et la dévotion populaire suivent chacune leur rythme. Mais elles sont appelées à s’enrichir mutuellement: la liturgie gagne à sentir le mariage entre le cœur du printemps et la figure mariale que la dévotion populaire célèbre en mai. La dévotion populaire a besoin d’être informée par la mémoire liturgique pour vénérer Marie sainement, en Église.

Jacques Lison

 

La liturgie et la dévotion populaire suivent chacune leur rythme. Mais elles sont appelées à s’enrichir mutuellement.