Éditorial

À quand le «nouveau» Notre Père?

Dans un éditorial en septembre 2016, j’apportais une mise au point à propos du Notre Père, que je reprends ici:

Lors de la parution de La Bible, nouvelle traduction liturgique, un changement significatif dans la formulation du Notre Père est apparu. En effet, «ne nous soumets pas à la tentation» est devenu «ne nous laisse pas entrer en tentation». (Matthieu 6, 13; Luc 11, 4) D’où la question qui nous est souvent posée: cette nouvelle version sera-t-elle publiée dans Prions? Il importe ici de distinguer deux choses. D’une part, les lectures bibliques, que nous reproduisons à partir du Lectionnaire, donc de la nouvelle traduction liturgique. D’autre part, l’ensemble des éléments qui composent le rituel eucharistique: antiennes, oraisons, prières eucharistiques, profession de foi, Notre Père, etc. Ceux-ci proviennent d’une seconde source: le Missel romain, dans lequel se trouve toujours «ne nous soumets pas à la tentation». Et c’est la formulation que Prions en Église continuera d’utiliser jusqu’à nouvel ordre. Car le Missel romain est aussi en cours de révision: lorsqu’il paraîtra et que son usage sera prescrit, le contenu de Prions s’adaptera en conséquence.

Si je reviens sur le sujet, c’est parce que la question nous est encore posée à l’occasion. Et la réponse demeure essentiellement la même: dès que l’usage de la nouvelle version du Notre Père sera prescrit par l’épiscopat canadien, Prions en Église la mettra dans ses pages.

Dans une note datée du 27 novembre dernier, Louis-André Naud, directeur de l’Office national de liturgie, a apporté une précision importante: «Certaines conférences épiscopales des pays francophones d’Europe et d’Afrique du Nord ont permis l’usage liturgique de la prière du Notre Père avec sa nouvelle formulation […] Au Canada, les évêques n’ont pas autorisé l’usage liturgique de cette nouvelle version. Dans un souci d’œcuménisme, ils veulent d’abord prolonger le dialogue avec les Églises des autres confessions chrétiennes et recueillir leurs réactions.»

La formulation actuelle du Notre Père est en effet reconnue par l’ensemble des confessions chrétiennes. Les évêques de chez nous ont donc choisi d’agir avec prudence et délicatesse avant d’autoriser quelque modification que ce soit à la prière du Seigneur dans sa version pour la liturgie.

Donc si vous tombez sur un exemplaire de l’édition française de Prions en Église, ne vous étonnez pas d’y trouver la nouvelle formulation du Notre Père. Vous saurez pourquoi cette version n’apparaît pas encore dans les pages du Prions publié ici.

Jean Grou

 

La question nous est encore posée: «À quand la nouvelle version du Notre Père?»